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Séoul 2110

lundi 17 mai 2010

Deuxième date en Asie, le début de la routine !!! Avion de Brest à Paris CDG, puis CDG à Incheon-Séoul. Pourquoi les aéroports sont-ils toujours à 30 bornes de la ville ? Nous survolons la déserte et gelée Mongolie avant d’apercevoir les multiples îlots bordant les rivages de la Corée du Sud. Un peu plus haut, la Corée du Nord, mais seule notre imagination a le droit de visite dans ce pays…

Atterrissage sans problème.

Normalement Eun Yoeb du festival VIAF doit nous accueillir.

A la douane : Passeport, durée du séjour, le pourquoi du séjour. Nous n’avons pas le contrat avec nous, et aucun numéro de téléphone d’un contact à Séoul. Pour le bureau de l’immigration, notre présence en Corée ne semble pas justifiée. Nous leur précisons que quelqu’un dans l’aéroport est en mesure de tout leur expliquer, mais ils font la sourde oreille ; ils nous prêtent tout de même un ordinateur pour rechercher un numéro de téléphone. Après quelques recherches dans une langue complètement inconnue (Nous sommes seulement un peu initiés au chinois depuis Taiwan, mais là , c’est du Coréen), nous arrivons à trouver le numéro de l’alliance française, mais personne ne peut nous aider, car tout le monde est en réunion ! nous poireautons donc une heure et demie avant de trouver un site coréen sur lequel nous arrivons à montrer une photo du spectacle. Nous avons des doutes sur le fait qu’ils nous reconnaissent car nous sommes masqués ! Mais cela semble les satisfaire et, 1h30 plus tard, ils nous laissent partir sans plus d’explication.

Eun Yeob est restée nous attendre. Elle est surprise de cet accueil à l’aéroport !(nous avons appris plus tard qu’il y a un renforcement des contrôles, peut être à cause d’une future réunion du G8, mais c’est à vérifier)

Eun Yoeb nous annonce une mauvaise nouvelle : nous ne pourrons pas jouer la première représentation prévue. Un bateau militaire semble avoir été attaqué, et plus de 40 militaires sont morts ; le pays attend l’annonce d’un deuil national. De plus, la floraison des arbres est en retard ! Nous ne comprenons pas tout, mais nous compatissons.

Le lendemain, Eun Yoeb nous annonce que le festival est annulé. La directrice essaye de nous expliquer dans un français plutôt réduit mais charmant que le pays est en deuil, que toutes les manifestations festives sont annulées. Mais que l’équipe du festival va faire son possible pour nous faire jouer.

Elle nous propose de jouer le samedi à la suite de la conférence sur les arts de la rue faite par un français, conférence à laquelle doivent assister des étudiants, des gens du milieu des arts de la rue de Corée, un public qui pourrait s’élever approximativement à 50 personnes. Nous jouerons au final juste devant notre hôtel, sur quatre malheureuses places de parking pour ce public privé.

Après cette géniale conférence animée par Pascal LBC, une annulation de festival, et un emplacement minable, notre spectacle semble avoir perdu son éclat de joyau des premiers instants du Far de Morlaix en 2005.

Faisons nous du théâtre de rue, des arts de la rue ou du théâtre dans la rue ?

Le festival devait se dérouler dans un endroit apparemment hautement politique : autour de l’assemblée située sur une île au milieu de Séoul, île sur laquelle viennent se promener tous les badauds au moment de la floraison des arbres. Le festival VIAF profite de l’occasion pour montrer des spectacles à ces milliers de promeneurs. Nous proposons au festival de maquiller deux représentations sous forme de répétions. Cela semble marcher, mais quand arrive le repérage des lieux, cela se corse un peu. Nous devons jouer de l’autre côté de grandes barrières dans un espace en construction. La question du théâtre de rue ou dans la rue ne se pose même plus : on nous propose de faire du théâtre de Zoo ! Il ne manque plus que les cacahouètes, les enfants qui nous montrent du doigt à travers les barreaux, et les parents qui ont peur que leurs enfants se fassent mordre par les méchants artistes de rue ! C’est l’image que nous avons expliquée à notre interlocuteur. Il a souri, et a appelé son directeur (une personne dans un bureau). Ce n’était pas gagné… dix minutes de discussion avec son chef… pour, au final, nous autoriser à jouer du même côté que les spectateurs mais pas plus loin !

C’est dans cette ambiance de non-festival que nous avons joué sans bavure. Un public de promeneurs s’arrêtant pour voir cette attraction au milieu de leur balade habituelle, une voiture électrique de la police passant au milieu des spectateurs, puis des vélos… En France, les gens auraient certainement émis un avis assez fort envers ces perturbateurs, mais à Séoul, on se tait et on sourit. Entre deux représentations de « Trois », un jongleur acrobate japonais arrive à emporter le public avec du jonglage, du feu et une ou deux acrobaties ! Incroyable ce public qui réagit à tout !

Un soir, en traversant les larges avenues de Séoul, nous nous sommes arrêtés devant des scènes de concert sur lesquelles chantaient et dansaient des adolescents en quête de reconnaissance. Cela semblait être un moment festif en marge du deuil national annoncé par la directrice du festival. Il semblerait que ces scènes soient mise à la disposition de la population par de grands magasins privés. Le festival, aidé par le gouvernement, se devait donc d’écouter les autorités supérieures qui ne voulaient pas de fête durant ces jours de deuil soi-disant national.

Qui sert les intérêts de la population ? Le privé ou le public ? et en France ?

Le jour de notre départ, les fleurs commençaient à peine à éclore avec trois semaines de retard. Le festival Viaf

allait peut être avoir lieu. Il nous restera de la Corée quelques frustrations : ne pas avoir joué sous la neige de fleurs devant un parterre de millier de Coréens durant le festival.

Et une semaine plus tard, nous voilà à Nevers sous les arbres en fleurs :quel exotisme Nevers !

Merci à Eun Yeob et Haena pour leur accueil chaleureux. Merci à Pascal pour sa conférence et ces longues conversations sur le théâtre de rue.

Et dans un mois, nous reprenons l’avion pour Singapour, l’un des quatre dragons de l’Asie.

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